Dans le cadre de son programme « Mémoire du monde », l’UNESCO a initié à travers le projet dénommé « Archives de la Traite des Esclaves » une étude et une analyse de l’ensemble de la question du commerce transatlantique des esclaves organisé à partir de l’Afrique.

Ce projet, financé par l’Agence norvégienne pour la Coopération en faveur du Développement (NORAD) et exécuté par l’UNESCO en collaboration avec le Conseil International des Archives (CIA) s’intéresse aux sources documentaires originales qui témoignent de ce commerce.

Quant aux objectifs principaux, il vise essentiellement à aider les Archives nationales et institutions similaires à assurer une meilleure conservation des documents originaux en vue d’établir une mémoire collective.

On ne saurait d’autre part nier que le Bénin, pays situé sur la côte du Golfe du Bénin a participé activement au commerce international des esclaves, commerce qui a principalement généré des sources écrites et iconographiques. Malheureusement, les sources originales relatives à la traite des esclaves ne constituent pas un fonds homogène aux Archives nationales.

En effet, de nombreux documents ont été détruits au lendemain de l’indépendance par certaines puissances comme le Portugal acteur principal de ce commerce transatlantique au Dahomey.
Les Archives nationales du Bénin retenues pour participer au projet ont procédé, après les phases d’acquisition et d’installation des équipements informatiques, suivies de la session de formation, à la collecte des documents relatifs à l’esclavage et à la traite.

Ainsi deux cent cinquante (250) documents ont été recensés dans le fonds historique. Ils donnent des informations et renseignements sur le sujet à travers essentiellement des correspondances et des rapports politiques classés dans les séries :

E : Affaires politiques
S : Travail et main d’œuvre
B : Correspondance générale
M : Microfilm

Le présent CD ROM propose une base de données des textes répertoriés suivant des champs de zone qui permettent une identification complète du document et de sa source, avec, selon les cas les images ou les écrits originaux numérisés couvrant les périodes de 1864 à 1937.

Des descripteurs et index permettent une exploitation facile et aisée du catalogue.

La base de données ainsi créée permet d’élargir la recherche aux sites Web des Archives nationales et de l’UNESCO proposant des informations constamment actualisées, dans le domaine de l’Esclavage.

Signalons que la réalisation du CD ROM a connu des difficultés qui sont liées :
au non respect du délai initialement arrêté
L’inexistence d’un fonds homogène traitant essentiellement du sujet comme le cas des Archives du Ghana et du Sénégal pour ne mentionner que ces deux pays, n’a pas rendu possible la collecte et la numérisation des cinq cents (500) documents exigés ;

à l’élaboration du répertoire
Les informations répertoriées sur la traite et l’esclavage constituent souvent une partie ou une portion de texte d’un rapport politique ou d’une correspondance dont les objets ne portent pas nécessairement ni exclusivement sur le sujet ;

à la numérisation
Les correspondances et les rapports ont dans l’ensemble pour support des registres reliés pouvant leur assurer une très bonne conservation.
Le travail de numérisation des pages de ces registres a contraint à défaire la reliure pour une prise en compte aisée des originaux.

Ce CD ROM est le résultat d’un travail collectif coordonné par Monsieur Alphonse LABITAN, Conservateur et Chef du Service Communication, Journaux et Extraits. Chaque membre de l’équipe a su apporter sa contribution à travers les diverses opérations ayant donné naissance à cet outil, ce sont :

la collecte des sources : Mmes Rissikath BACHABI, Laurette ADEBIGNI, Sonia MAHAME, MM Trévos ARAYE, Franck GLOUI, Moucharaf YESSOUFOU,

La création de la base de données : M. Alphonse LABITAN.

La saisie des données : Mme Laurette ADEBIGNI.

La numérisation des originaux : Mmes Rissikath BACHABI, Laurette ADEBIGNI, Sonia MAHAME.

Ce travail a bénéficié des compétences des experts en informatique documentaire et en technologie de l’information. Nous remercions plus particulièrement Simon ADJATAN, archiviste au Campus Numérique Francophone de l’Université d’Abomey-Calavi et Marie-Hélène KPOVIESSI, documentaliste à l’Institut des Hautes Etudes de Porto-Novo.

Enfin, c’est à cette notion « d’usagers » que le CD ROM nous ramène. Tout ce travail, novateur, coûteux certes en temps et en matière grise est mis au service d’un public varié, non pas pour une quelconque réclamation liée aux conséquences économiques, politiques et sociales de l’esclavage, mais pour la constitution d’une mémoire collective sur cet aspect de l’histoire de l’humanité.

Elise PARAÏSO
Directrice des Archives Nationales